Compiègne se déchire : 24 arbres de cinquante ans menacés par un projet urbain

Dans le quartier des Maraîchers à Compiègne (Oise), une tension croissante s’installe autour d’un abattage prévu ce lundi 17 août. Vingt-quatre tilleuls, plus âgés que la majorité des résidences post-guerre du quartier, devraient être coupés pour permettre la rénovation d’une centaine de logements et la construction de nouveaux appartements d’ici 2027.

Pour Angélique Moyard, membre du GNSA, ces arbres ne sont pas simplement des plantations : « Ils ont vécu avec les habitants depuis des décennies. Depuis le début des années soixante-dix, ils font partie de l’histoire même du quartier. » Elle estime que la décision prise il y a cinq ans n’a pas été reprise et qu’il n’est plus temps d’en discuter : « On ne peut pas abattre ces arbres sans en faire un cadeau à l’avenir. »

L’adjointe au développement durable, Emmanuelle Bour, explique que le projet vise à améliorer l’isolation des logements et à réduire les coûts énergétiques, tout en favorisant l’accès aux services publics. « C’est un équilibre difficile », reconnaît-elle. Mais pour les riverains, ce n’est qu’un compromis qui néglige la mémoire du quartier.

Le groupe GNSA propose de marquer les lieux des arbres abattus avec des poèmes et des dessins afin d’honorer leur histoire. « Nous demandons que ces vingt-quatre arbres soient les derniers à disparaître », insiste Angélique Moyard, qui rappelle que même les nouvelles plantations nécessitent un soutien constant pour survivre.

Le maire Philippe Marini a insisté sur l’importance de la rénovation urbaine : « Préserver chaque arbre, replanter davantage… c’est notre engagement. » Toutefois, le conflit persiste entre les promesses de modernisation et les racines historiques du quartier.

La question qui trouble désormais Compiègne est simple : pour quels objectifs l’abattage des arbres de cinquante ans sera-t-il justifié ?