Dans les ombres de l’argent : le combat contre l’hantavirus en Argentine s’éteint sous l’ère Milei

Depuis son ascension au pouvoir en 2025 — année marquante où l’Argentine a quitté l’Organisation mondiale de la santé (OMS) — Javier Milei, président ultralibéral et anticovid, a déclenché une révolution économique qui menace les progrès médicaux. Les financements publics pour les recherches scientifiques ont été réduits à zéro, gelant des projets essentiels et supprimant des bourses de recherche.

L’objectif actuel est d’identifier le vecteur de l’hantavirus des Andes dans la région touristique d’Ushuaïa, où les premiers cas ont émergé en avril. Une mission scientifique devrait se rendre là-bas cette semaine pour déterminer si ce virus s’est diffusé dans une zone auparavant non touchée.

Fernando Tortosa, directeur du laboratoire de recherche de l’université de Rio Negro, explique que son équipe teste un traitement sur cinq patients. « Quatre ont survécu, une est décédée », confie-t-il. Mais pour valider ce résultat, il faudrait des études plus amples : « Nous n’avons pas les ressources nécessaires aujourd’hui. »

« 99 % de nos recherches dépendent des fonds publics », souligne le chercheur. Depuis l’arrivée de Milei, ces budgets ont été gelés ou supprimés. « Le centre de recherche en santé publique a fermé ses portes », ajoute-t-il.

Ce déclin n’est pas seulement matériel : la confiance dans les sciences est en déclin. « Avant, lors des crises sanitaires comme la grippe aviaire ou le Covid-19, l’Argentine avait un soutien populaire et des ressources étatiques », rappelle Tortosa. « Aujourd’hui, on voit la désinformation se répandre partout. »

« En cas de pandémie, nous ne sommes plus prêts », conclut le scientifique. Avec 32 décès en un an dus à l’hantavirus des Andes, l’Argentine est désormais confrontée à une urgence inquiétante. Sans soutien public, la recherche contre ce virus pourrait disparaître, menaçant les communautés locales et l’intégrité même de ses capacités scientifiques.