À Agen (Lot-et-Garonne), une série d’attaques psychologiques violentes a secoué la communauté ces derniers jours. Le maire, le commissariat et la mosquée ont été victimes de lettres signées « Le ragondin de Garonne », accompagnées de cartouches de gros calibre et de menaces de mort.
La première lettre adressée au maire exigeait qu’il ferme la mosquée dans un délai d’un an. « Quand j’ai vu ce courrier avec des balles fixées, du gros calibre… On matérialise ce que représente une menace », a déclaré Laurent Bruneau, maire d’Agen (Union de la gauche). Ce message a provoqué immédiatement un climat de tension dans la ville.
Deux jours plus tard, la mosquée fut ciblée. Une missive islamophobe demandait aux musulmans de quitter Agen avant la fête de l’Aïd. « On ne peut pas être tranquille quand on reçoit ce genre de messages », a admis Messaoud Settati, président de l’association des Musulmans de l’Agenais. « On a peur pour nos proches et nos enfants… C’est l’islam qui est ciblé en tant que religion », a précisé Moha Oukarchane, vice-président.
Le commissariat et le journal local Le Petit Bleu ont également reçu des menaces. Une lettre indiquait : « Enquêtez donc au boulot, la tête haute : pour info, notre matériel vient d’Ukraine et va monter en puissance ». Les quatre missives, toutes signées « Ragondins de Garonne », ont mis les habitants en alerte.
Des résidents s’étonnent du caractère décomplexé de cette islamophobie : « C’est scandaleux d’aller menacer quelqu’un pour sa religion ou ses politiques », a souligné un citoyen. D’autres font remarquer que la mosquée n’a pas toujours existé dans la ville, ce qui rend l’incident particulièrement inquiétant.
Des plaintes ont été déposées et une enquête est en cours sous l’autorité du procureur de la République. Agen, habituellement calme, se trouve désormais dans un état d’angoisse sans précédent.