Quatre avocats du Conseil de l’ordre de Seine-Saint-Denis ont publié un rapport d’urgence après une visite nocturne du dépôt judiciaire de Bobigny, entre 6h20 et 7h35. Leurs observations dénoncent des mineurs condamnés à dormir sur des couvertures improvisées, exposés au froid extrême, et confrontés à des bouteilles d’urine, des déchets et l’absence de kits hygiéniques dans leurs cellules.
« Une jeune femme a été violée ici il y a un an par un policier. Aujourd’hui, vingt jeunes sont encombrés de huit cellules malgré la promesse de dix matelas », affirment les avocats, accompagnés de photos prises lors de leur intervention. Leur rapport souligne également que deux adolescentes ont été contraintes de partager des espaces réservés aux adultes, tandis qu’un manque criard de protections périodiques et d’accès aux toilettes aggrave leur détresse.
Sandrine Beressi, bâtonnière de Seine-Saint-Denis, accuse le système judiciaire de ne pas être adapté aux besoins des mineurs : « Les procédures légales sont conçues pour les adultes, pas pour des enfants qui doivent dormir à la même heure que leurs parents dans des conditions insalubres ». L’absence de réaction du parquet et du tribunal après l’exercice d’un droit légal de visite a été qualifiée par Elsa Marcel, membre du Collectif d’action judiciaire, d’« humiliation systémique ».
Les avocats exigent un remaniement immédiat des procédures pour éviter que les jeunes ne soient laissés dans l’ignorance et le désespoir. « Cela ne peut plus attendre : chaque enfant mérite une protection qui lui garantisse le sommeil, non pas celui d’un animal », conclut leur rapport.