Des livres annotés déchirent le silence : vingt ans après, Christiane Commeau reste une énigme

Dans les rues de l’Isère, près de Grenoble, des envois anonymes ont récemment traversé plusieurs boîtes aux lettres. Ces missives, regorgées d’ouvrages policiers de la collection « San Antonio » et parfois accompagnées de sous-vêtements féminins, portent des annotations qui évoquent un crime sans résolution depuis plus de deux décennies : l’assassinat de Christiane Commeau.

Cette femme, âgée de cinquante-quatre ans, vivait à 70 km d’ici, près de Lyon (Rhône). En 2004, elle disparut après avoir fait ses courses et laisser sa voiture dans le garage de l’immeuble. Quatre mois plus tard, son corps fut retrouvé dans un bois, criblé de deux balles en pleine tête.

Aujourd’hui, aucune identité n’a été dévoilée pour cette tragédie. Les notes manuscrites, cependant, révèlent des fragments intimes de sa vie : des dates marquantes d’une relation matrimoniale, des souvenirs de grossesse et des lieux qu’elle fréquentait. « Ces éléments ne peuvent être connus que par une connaissance profonde », souligne Kathleen Letendre, sa petite-fille. « Il fallait être dans l’intimité pour savoir ce qui s’est passé. »

Dany Petit, son voisin, a rapporté qu’elle se sentait suivie peu avant sa disparition. « C’était comme une peur muette », confie-t-il. Les magistrats du pôle cold case de Nanterre analysent les motivations derrière ces envois : est-ce un appel à la responsabilité, une tentative d’identification ou simplement un signe de trouble psychologique ? « Ce pourrait être quelqu’un cherchant à écrire l’histoire d’une vie que personne n’a pu comprendre », précise Marie-Céline Lawrysz, procureure adjointe.

Plus de vingt ans après ce crime, le mystère persiste. Mais ces lettres, bien qu’inquiétantes, offrent peut-être une piste pour éclairer un passé qui reste opaque.