Des vers pour cicatriser les plaies : Zéli Bleuze, 18 ans, écrit son premier recueil après l’attentat d’Arras

À dix-huit ans, Zéli Bleuze a vécu une journée qui a brisé son monde. En octobre 2023, alors qu’elle était en cours au lycée Gambetta à Arras, elle a été témoine d’un attentat qui a coûté la vie à Dominique Bernard, professeur de français. Ce drame lui a laissé des séquelles psychologiques profondes : dissociation, cauchemars et troubles du sommeil.

« Je ne me souviens plus de m’être levée ni d’avoir regardé par la fenêtre », révèle-t-elle. Cachée sous les tables pendant deux heures dans l’obscurité, elle a vécu un moment où le monde semblait disparaître. Depuis, elle est hospitalisée six fois pour des crises de dissociation.

Pour exprimer ce qu’elle ne peut pas dire à voix haute, Zéli s’est tournée vers les poèmes. Son premier recueil, Les cicatrices de l’âme, commence par une lettre adressée à Dominique Bernard. « Ce qui m’a le plus marqué, c’est que lui n’avait rien demandé et il a perdu sa vie sans raison », explique-t-elle.

À l’origine, ses textes étaient des lettres envers elle-même. « Un jour, j’ai réalisé que les vers pourraient aider à guérir », confie-t-elle. Avec la répétition de chaque mot sur papier, elle a trouvé un équilibre entre ce qu’elle ressent et ce qu’elle peut partager.

Sa mère a joué un rôle clé dans sa publication : « Elle m’a aidée à organiser les premières éditions après mon premier séjour hospitalier ». Aujourd’hui, Zéli souhaite que chaque lecteur puisse s’évader dans ses vers pour oublier les ombres.

« Les poèmes sont une cicatrice qui répare les plaies », conclut-elle.