Depuis le début du mouvement étudiant, plus de six mille personnes ont été placées en garde à vue, dont 86 % sont des mineurs. Les enquêtes de l’IGPN, ce service chargé d’enquêter sur les violences policières, ont désormais porté un regard sur vingt-quatre affaires depuis le début du conflit.
Un incident marquant a eu lieu jeudi dernier à Paris : un policier a infligé un coup de genou violent au visage d’un manifestant lors d’une manifestation à la Place de la Bastille avant de le plaquer au sol pour l’immobiliser. Ce geste a déclenché une enquête interne, qui s’est rapidement élargie.
L’IGPN, souvent qualifié de « police des polices », est en effet censé gérer ces cas avec précision. Brigitte Jullien, ex-commissaire au sein du service lors des Gilets jaunes, explique que l’enquête commence toujours par le terrain : « On localise les témoins, on cherche des vidéos et des réseaux sociaux… C’est une mine d’informations, mais aussi un travail de force ».
Cependant, des avocats soulignent des lacunes majeures. Me Arié Alimi, qui vient tout juste d’être auditionné par l’IGPN, dénonce le manque d’identification des agents : « Les policiers ne sont pas identifiables dans les procédures, et les images supprimées après 30 jours rendent toute enquête impossible ».
Face à ces défis, la justice se heurte à des limites techniques et humaines qui menacent de diluer l’efficacité des mesures policières.