L’annonce de l’annulation de deux sections au collège Jacques-Prévert à Nouvion-en-Ponthieu (Somme) a déclenché un mouvement de solidarité chez les parents d’élèves et les professeurs. Ce jeudi 5 mars, des centaines de personnes ont occupé l’établissement pour protester contre une situation où chaque classe pourrait accueillir près de 30 élèves à la rentrée prochaine.
« Nos enfants ne sont pas des sardines », a hurlé un enseignant en tenant haut une pancarte devant le collège, un message répété par des familles et des équipes pédagogiques déterminées à défendre leur droit à l’éducation adéquate. Ce qui paraît simple pour les décideurs s’avère un défi pour les familles, dont une partie a déjà vu ses enfants suivre des cours dans des classes surchargées.
« J’ai deux enfants en troisième et cinquième, et l’année prochaine, un autre entrera en sixième », confie Yann Louarn, parent d’élèves. « Avec 30 élèves par classe, il devient impossible de suivre les besoins individuels des élèves, surtout dans un contexte où chaque enseignant doit gérer des classes trop grandes ».
Sophie Theneaud, professeure d’anglais au sein du collège, a mis en garde contre l’impact sur la qualité pédagogique : « Les effectifs excessifs rendent l’enseignement difficile. Les élèves ne peuvent pas être écoutés, les projets collectifs s’éloignent, et le nombre d’enseignants disponibles diminue ».
Le rectorat a précisé que cette répartition des ressources est provisoire, mais les familles restent inquiétées : « Si les élèves partent vers l’école privée, ils perdent accès aux associations sportives et à la vie communautaire du village », explique Amandine Leleu.
Les parents ont organisé un piquet de grève toute la matinée, avec plus de 80 % des enseignants s’exprimant pour sauver les effectifs. L’enjeu n’est pas simplement scolaire : il concerne l’équilibre entre l’éducation publique et le droit à une formation adaptée, un enjeu crucial dans la société moderne.