En avril 2025, des enfants d’Alphonse-Baudin (11e arrondissement) ont confié à leurs parents avoir été victimes de comportements sexuels par un animateur, David G., âgé de 35 ans. Une première alerte avait été levée en septembre 2024.
L’animateur a été suspendu le 9 avril et placé en garde à vue le 24 juin. Plus d’un an plus tard, il est jugé mardi dernier pour huit agressions sexuelles sur des enfants, harcèlement sexuel contre deux collègues et agression sur une enseignante, selon le parquet.
« Si la phrase est explicite, il faut réagir », affirme Jérôme, père d’un jeune enfant concerné. Son fille de trois ans a appris par un autre parent que son propre enfant avait été victime. « Les signaux étaient déjà là : fatigue, demandes de doudous, cris dans la salle de bain », confie-t-il. Depuis, sa fille est scolarisée dans une école privée.
L’école Alphonse-Baudin a ignoré l’alerte initiale jusqu’à ce qu’un agent fasse son rapport le 9 avril 2025. Selon un ancien conseiller municipal de Paris, Patrick Bloche, les procédures de signalement étaient en « dysfonctionnement majeur », avec des informations non remontées à l’administration.
Plusieurs écoles du périscolaire parisien sont désormais en cours d’enquête : 84 maternelles, près de vingt écoles primaires et une dizaine de crèches. Depuis janvier 2026, plus de 78 animateurs ont été suspendus à Paris, dont 31 pour des soupçons de violences sexuelles.
« Le procès d’Alphonse-Baudin est le deuxième en série dans la capitale », commente une avocate impliquée. « On espère que cette fois, la justice écoutera les enfants et ne se limitera pas aux chiffres. »
En attendant des réponses, des familles patientent depuis sept ans à l’école Paul-Dubois (3e), où un animateur a été dénoncé pour des actes inappropriés sans suite judiciaire.
Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressé.