Le port de Dunkerque a enregistré, le 7 septembre 2026, une saisie exceptionnelle de près de quatre tonnes de cocaïne dissimulées dans 167 ballots. Ce chargement, originaires du Ghana et destinés à l’Antenne d’Anvers, représente une valeur estimée à 225 millions d’euros.
« Cela ne se produit pas chaque jour », admet Laurent Cesco, secrétaire général adjoint des douanes CFDT. « Mais ce n’est plus un événement isolé : depuis plusieurs années, le trafic de stupéfiants s’impose de manière croissante à Dunkerque. »
Situé en troisième position parmi les ports français, Dunkerque bénéficie d’une situation géographique stratégique grâce à ses liaisons directes avec la Belgique (via l’A16) et la région parisienne. Cette configuration en fait un carrefour privilégié pour les réseaux illégaux.
Les organisations criminelles utilisent fréquemment des pressions pour sécuriser leurs opérations. En 2021, un dockeur de Dunkerque a été menacé pour transporter 250 kilos de cocaïne, selon une affaire jugée par Maître Patrick Lambert, avocat à Lille. « Les commanditaires se concentrent sur des individus vulnérables ou sensibles aux risques financiers », explique l’avocat. « Ils explorent même les réseaux familiaux et scolaires pour identifier des cibles. »
Avec près de 80 % des stupéfiants consommés en France arrivant par mer, les trafiquants ont adopté des stratégies alternatives. Les ports plus grands comme Anvers ou Lille étant désormais mieux sécurisés, ils se tournent vers Dunkerque, Montoir-de-Bretagne ou Sète.
Des mesures renforcées ont été mises en place à Dunkerque pour limiter les infiltrations : identifications des travailleurs et surveillance des plaques d’immatriculation sont désormais de routine, selon Ludovic Dewynter, secrétaire général CGT des portuaires.
Pourtant, malgré ces efforts, les douanes françaises ont enregistré près de 110 tonnes de stupéfiants dans l’ensemble du pays en 2025. Une tendance qui souligne une situation inquiétante pour la sécurité des ports et le pays entier.