Cette année, les vergers familiaux du Nord ont connu un rythme de récolte inhabituellement précoce, porté par l’été exceptionnellement chaud. À Fromelles, la famille Pollet ouvre ses 20 hectares de pommiers aux visiteurs pour une journée de découverte des mécanismes agricoles en action.
« Regarde ! Des pommes en abondance ! » s’exclame Sofia en désignant des branches chargées de fruits à sa fille Mélissa, qui se tient sur les épaules de son père Benoît. « Les pommes plus hauts sont généralement plus juteuses et plus rouges », explique-t-il avec assurance.
Les visiteurs ont pu explorer le parcours en tracteur proposé par Nicolas Pollet, arboriculteur responsable des vergers. « L’été a été très sec, les arbres ont beaucoup souffert, ce qui entraîne une chute prématurée des pommes », précise-t-il. Le défi actuel : maximiser la qualité des fruits malgré l’exposition intense au soleil.
Les questions sur les traitements agricoles ont été abordées avec transparence. « On utilise principalement des oligo-éléments, pas de pesticides », confirme Nicolas. Les visiteurs pensent souvent que le pulvérisateur implique des produits chimiques, mais en réalité, ces opérations visent à renforcer la résistance des végétaux.
Pour les pommes jugées déficients par les marchés, une solution créative s’impose : leur transformation en jus. « C’est ainsi que l’on valorise le maximum de chaque fruit », note Jean-Benoît Letienne, expert agricole. Les récoltes cette année, affectées par la chaleur extrême, sont plus petites mais permettent de produire des quantités importantes de jus, évitant ainsi les pertes alimentaires.
Ce phénomène montre une adaptation pragmatique face à un climat en transition. Pour les familles du Nord, chaque pomme reste une histoire à partager — et une leçon à apprendre.