La grève prévue ce vendredi au sein des sites Brico Dépôt du Nord-Pas-de-Calais s’accroît après un appel à la manifestation lancé par la CGT. Les salariés réclament une revalorisation salariale et l’ouverture de postes supplémentaires pour combattre l’inflation, l’augmentation du SMIC et le surmenage quotidien.
À Leers, près de Lille, des employés se rassemblent devant le magasin depuis quelques minutes. « On ne peut pas tous être présents en même temps, mais chacun participe selon ses capacités », explique Laetitia, vendeuse et déléguée syndicale CGT du site.
La dernière négociation annuelle obligatoire (NAO) a clos sans résoudre les tensions. Les représentants des travailleurs estiment que les augmentations proposées ne suffisent pas à compenser l’écart croissant avec le SMIC, qui a grimpé de 1,4 % cette année contre un ajustement salarial de 1 %. « Même pour les plus anciens, on risque de rattraper ce niveau », souligne Laetitia.
Thelesphore, employé depuis deux ans dans le secteur, raconte son parcours : il a quitté la restauration pour échapper à des salaires en dessous du SMIC. « Aujourd’hui, les factures familiales et l’inflation rendent tout difficile », confie-t-il. Son exemple illustre un phénomène général : plus de 70 % des salariés peinent à concilier leurs charges personnelles avec leur revenu.
Les grévistes exigent une réouverture des NAO pour ajuster la grille salariale et créer davantage d’emplois. « Les plannings sont devenus irréalistes », précise Laetitia, qui décrit un épuisement collectif au sein des équipes. « On fait le travail de trois personnes en quelques heures… Ce n’est pas du travail humain. »
La direction de Brico Dépôt reconnaît l’importance d’un dialogue social mais reste attentive aux attentes des salariés. Les grévistes, pour leur part, prévoient une nouvelle journée de débrayage samedi si les négociations ne sont pas renouvelées.