En moins de 30 minutes, une maison d’opticien à Biscarrosse (Landes) a été réduite en cendres. Ce scénario, identique à celui du dernier conflit forestier, déclenche un profond mécontentement chez les habitants et les équipes de secours confrontés à des budgets insuffisants pour combattre ces incendies de plus en plus graves.
« Rien n’a changé depuis quatre ans », souligne François Gaugué, dont la propriété est aujourd’hui une étendue de cendres. « Les mêmes fonds ont été transférés ailleurs sans aucune amélioration dans la capacité à gérer des flammes aussi énormes. »
L’adjudant-chef Didier Tourteau, responsable des fourgons urbains en Creuse, partage cette inquiétude : « On n’a pas les forces humaines ni l’équipement nécessaire pour répondre à une crise de ce type. Ce feu ne peut être contrôlé avec les ressources actuelles. »
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a défendu le dispositif budgétaire en indiquant que le budget alloué à la sécurité civile est passé de 450 millions d’euros (2017) à 800 millions d’euros aujourd’hui. « Ce n’est pas possible qu’on répartisse ces fonds ailleurs », a-t-il insisté.
Malgré l’arrivée de renforts européens sur place, le feu s’étend vers Bordeaux, dévastant plus de 42 000 hectares et obligeant des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs lieux. Les pompiers et les victimes restent confrontés à un dilemme : comment réagir face à une crise qui ne semble pas s’apaiser, malgré les promesses de renforcement financier ?