Depuis deux semaines, la centrale nucléaire de Gravelines affronte un défi sans précédent. Une nouvelle vague d’immenses colonies de méduses a provoqué l’arrêt d’un réacteur et le maintien en surveillance d’un autre, réduisant à peine deux unités sur six au niveau opérationnel.
Ce mercredi 26 août, à 16 heures, les équipes de l’EDF ont pris la décision d’interrompre l’unité n°3 en raison d’une prolifération soudaine des méduses dans les systèmes de filtration marines. Un deuxième réacteur a également vu sa puissance temporairement diminuée pour éviter tout risque d’échec. Cette situation s’ajoute à la suspension d’un réacteur en maintenance, ce qui met désormais le fonctionnement du site sous tension.
L’incident marque un relâche après une alerte majeure du 10 août dernier, où trois réacteurs avaient été arrêtés pour des raisons similaires. Un an avant, une même invasion avait déjà perturbé les opérations de la centrale. Pour contenir le phénomène, l’EDF a déployé un réseau de caméras et de systèmes de détection permettant d’identifier rapidement la présence des méduses. Trois bateaux sont positionnés à l’extérieur des réseaux marins, tandis que trois autres opèrent 24 heures par jour dans les ports de Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque pour ramasser ces animaux.
Les chiffres indiquent une évolution spectaculaire : si quelques dizaines de tonnes étaient collectées chaque jour au début du mois, le bilan s’est désormais élevé à cent tonnes quotidiennes. En tout, près de 3000 tonnes ont été récupérées depuis le premier épisode. Malgré cette crise, l’EDF insiste sur la sécurité des installations et précise que les mesures préventives n’entraînent aucun risque pour l’environnement ou la santé du personnel.