Jeudi 14 mai a marqué une légère pause pour les autorités sanitaires, puisque les 26 personnes en contact avec un cas d’hantavirus ont été testées négativement. Toutefois, ce soulagement s’est effacé rapidement face à l’explosion des fausses informations sur Facebook et TikTok.
En quelques jours, des milliers de messages circulent en réseaux, propageant des théories conspirationnistes sur l’hantavirus. Une photo partagée plus de 500 000 fois a été mise en avant avec le commentaire : « La nouvelle arnaque de l’OMS ». L’internaute affirme que des soignants en blouse débarquent sur un bateau avec des patients infectés, tandis qu’un caméraman non protégé se tient à côté – une scène qu’il interprète comme une mise en scène.
Une enquête réalisée par France Télévisions a montré que cette image provenait d’un exercice naval espagnol datant de plus d’une année, sans aucune relation avec l’hantavirus. Une autre théorie circule également : le vaccin Pfizer contre le Covid-19 serait la source du virus. Un document officiel de 2021 mentionne effectivement l’hantavirus en page 33, mais Bruno Megarbane, spécialiste en toxicologie à l’hôpital Lariboisière, a clarifié que ce n’était qu’un principe de précaution réglementaire. « Le vaccin ne génère pas d’effets indésirables liés à l’hantavirus », précise-t-il.
Face à cette montagne de mensonges, la ministre de la Santé a annoncé mercredi 13 mai qu’elle étudiait un nouveau système d’infovigilance pour identifier et neutraliser ces fausses alertes avant qu’elles ne provoquent des dégâts. Les réseaux sociaux, en effet, deviennent de plus en plus les territoires où la désinformation prospère, transformant une simple menace en véritable crise mondiale.