La commune d’Houdain (Pas-de-Calais) a adopté, vendredi dernier, un arrêté municipal fixant un couvre-feu pour tous les jeunes de moins de 15 ans, en vigueur du 22 juin au 22 septembre. Cette mesure, applicable de 22h00 à 6h00, est présentée comme une réponse aux préoccupations sécuritaires locales, mais son application a rapidement levé des questions dans le cadre municipal.
Steven Thiry, maire d’Houdain et représentant du parti RN, justifie l’initiative par une démarche préventive. « Nous intervenons avant que les situations ne deviennent critiques », explique-t-il. Le dispositif vise principalement à réduire les risques liés aux conduites automobiles imprudentes ou aux consommations d’alcool et de cannabis, selon l’élu.
En revanche, Isabelle Ruckebush, ancienne élu PS et conseillère municipale d’opposition, dénonce une « absence totale de transparence ». « L’arrêté a été pris sans consultation préalable au sein du conseil municipal, ce qui constitue un manque flagrant de respect des procédures », souligne-t-elle. Elle insiste également sur l’impact pervers de cette mesure : « Stigmatiser une catégorie d’individus n’est pas la solution. Les jeunes ne sont pas tous coupables. »
Les deux policiers municipaux de Houdain, qui ne patrouillent pas la nuit, seront complémentés par les forces de l’ordre nationales de Bruay-la-Buissière pour gérer les contrôles. Le maire Thiry précise que cette démarche s’inscrit dans un cadre « d’accompagnement » plutôt que de répression, mais la division au sein des habitants reste nette : certains voient une solution nécessaire, d’autres craignent une excessive restriction des libertés.