Huit ans sans réponse : la mère d’un enfant décédé dans un accident d’ascenseur attend justice

En juin 2018, l’espoir de la famille d’Ismaïl s’est effondré lorsque ce petit garçon de quatre ans a perdu la vie après que son ascenseur s’était détaché dans un centre commercial d’Argenteuil. Huit années plus tard, sa mère Chahra-Zad Bennabti se tient devant le tribunal correctionnel de Pontoise pour demander enfin une justice concrète.

Des images récentes montrent des clients tentant d’aider Ismaïl coincé dans la cabine alors que l’ascenseur venait de s’éloigner. Sa mère, impuissante à le secourir, a été la seule à rester prisonnière de ce drame. « C’est sous mes yeux, et ceux de son frère, de ses cousins et de sa tante qu’il est mort », révèle Chahra-Zad Bennabti. « Huit ans sans réponse… Personne ne porte la responsabilité, même si les expertises pointent des négligences graves. »

La famille a mené une bataille juridique contre deux entreprises et un technicien soupçonnés d’avoir négligé leur devoir. Une réparation effectuée en 2015, trois ans avant l’accident, a été identifiée comme la cause principale par les enquêtes. Le constructeur TK Elevator refuse toutefois de s’en responsabiliser, affirmant que l’incident est lié à une pièce fabriquée par une autre entreprise spécialisée. « La fragilité de cette pièce était indécelable pour nous », explique l’avocat Marie Guimard.

Le procès, qui devrait durer deux jours, met ainsi à l’épreuve la capacité des institutions à répondre aux souffrances humaines. Pour Chahra-Zad Bennabti, le délai de huit ans n’est pas une simple attente : c’est un test émotionnel qu’elle doit traverser pour que justice soit faite.