Incendie de Crans-Montana : une enquête enlisée un mois après la tragédie

Un mois s’est écoulé depuis l’effroyable drame qui a frappé la station suisse de Crans-Montana, mais les questions persistent. Le bilan humain s’est encore alourdi dimanche 31 janvier avec le décès d’un adolescent de 18 ans, victime des blessures subies lors de l’incendie. Les habitants, bouleversés, portent encore en eux la douleur d’une nuit qui a tout changé. « Un mois, un an… Ce sera plus jamais comme avant », murmure un passant, tandis qu’une femme exprime son espoir : « L’enquête doit aboutir, on leur doit ça. »

Cependant, l’investigation se heurte à des obstacles majeurs. La disparition de certaines images de caméras de surveillance a suscité des inquiétudes. Les autorités ont demandé les enregistrements du 1er janvier, puis s’étaient tournées vers le réveillon du 31 décembre. Malheureusement, la police cantonale a confirmé que les données n’avaient été conservées que sept jours, ce qui rend impossible leur récupération. Cette perte d’éléments clés a mis en lumière des failles dans la gestion de l’urgence.

Des révélations sur la gestion du bar, source initiale de l’incendie, ont émergé au fil des jours. Une sortie de secours bloquée, une mousse inflammable, et des pressions exercées sur le personnel. Le barman blessé, Gaëtan Thomas, a dévoilé la mentalité d’un patron obsédé par les profits. « On devait encaisser, même si c’était mal », raconte-t-il, soulignant une culture de l’argent au détriment de la sécurité.

À ce jour, quatre individus ont été inculpés : le couple dirigeant le bar et deux anciens responsables de la sécurité locale. La lumière reste difficile à obtenir sur les circonstances précises de cette tragédie qui a marqué profondément une communauté entière.