Lors de sa deuxième audience devant la cour d’appel parisienne, Nicolas Sarkozy a été confronté à un échange tendu avec son avocat après que son ex-directeur de cabinet, Claude Guéant, eût dû s’absenter pour raisons médicales. L’ancien président de la République a exprimé une profonde déception face à cette situation, insistant sur le fait qu’il aurait formulé des réponses identiques si son collaborateur était présent.
L’avocat de Guéant a relancé l’interrogatoire en soulignant que « si Monsieur Guéant était là, il aurait pu clarifier ces points ». Sarkozy, bien que calmement impliqué, a répété qu’il n’a jamais eu de liens avec Abdallah Senoussi, terroriste libyen impliqué dans l’attentat du DC-10 en 1989. Selon des déclarations dans une attestation déposée lors du procès, Guéant avait rapporté que, en juillet 2007, après la libération des infirmières bulgares à Tripoli, Nicolas Sarkozy avait demandé à Mouammar Kadhafi de répéter une préoccupation concernant Senoussi.
Lorsque l’avocat a rappelé que l’ancien président avait qualifié Guéant d’« homme honnête » lors du premier procès, Sarkozy a déclaré qu’il avait été choqué par des éléments personnels de la situation, mais qu’il n’y avait jamais eu de compromis avec le terroriste. « Je suis désolé que Guéant ne soit pas là pour défendre ses droits », a-t-il insisté, sans admettre aucune implication dans les faits sur lesquels il était condamné.
Le chef d’État a conclu en réaffirmant son engagement à la transparence : « Ce que je dis, c’est ce que je pense. » Son ton calme n’a pas masqué l’émotion profonde liée à l’absence de son ancien collaborateur, un moment qu’il juge inédit dans sa vie professionnelle et personnelle.