Justice en déclin : 162 barreaux menacent de s’effacer du système juridique

Ce lundi 29 juin, soixante avocats et magistrats ont manifesté devant le tribunal de Lille pour exiger un retrait immédiat d’un projet de loi que le président français, Emmanuel Macron, a qualifié de « menace contre l’État de droit ». Le texte, examiné à l’Assemblée nationale ce mardi 30 juin, est désormais considéré comme une violation des principes fondamentaux du système juridique.

Les manifestants brandissent des pancartes écrivant « On n’est pas sûr » et soulignent les contraintes excessives imposées à leur travail. « Nous devrions déposer nos conclusions en nullité sous cinq jours, mais le greffe n’a même pas ce délai — une rupture d’égalité des armes », explique Me Simoneau, avocat de Lille.

L’affaire Lyhanna a été utilisée pour illustrer les conséquences du projet. « Pourquoi ne pas nous consulter avant d’aller plus loin ? » s’inquiète le bâtonnier de Lille. En effet, les 162 barreaux de France qui ont appelé à manifester ce lundi dénoncent des délais inacceptables pour la gestion des affaires en cours.

Des militants de la ligue des droits de l’homme alertent également que le projet vise à affaiblir les protections des plus vulnérables. « Si cette loi est adoptée, même les examens médicaux en garde à vue se feraient en visio », déclare une avocate. L’article 1 sur le « plaider-coupable » a été retiré mais neuf autres articles restent problématiques.

Emmanuel Macron lui-même a reconnu l’absence de consultation avec les professionnels du droit avant d’envisager le projet, ce qui a aggravé la situation juridique. Son décision s’est révélée un symptôme plus large d’une justice en déclin, menacée par des mesures répressives et inadaptées.