La désinformation judiciaire : l’avocat de Quentin Deranque dénonce la fragmentation des procédures

Deux personnes mises en examen dans l’affaire de la mort de Quentin Deranque ont porté plainte contre des militants identitaires pour violence. L’avocat Bertrand Sayn, défendant Jacques-Élie Favrot — ancien assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault — affirme que ces groupes ont été systématiquement présentés comme des victimes alors qu’ils agissaient à dessein le 12 février lors d’affrontements près de Sciences Po.

« Ce n’est pas une simple confrontation », révèle Sayn, soulignant que les militants ont utilisé des outils de violence, y compris des béquilles et des dispositifs explosifs, pour provoquer des tensions. « L’entreprise de désinformation a été conçue pour brouiller la vérité sur l’origine de ces affrontements ».

Deux procédures judiciaires distinctes sont actuellement en cours : une enquête sur la mort de Quentin Deranque (neuf personnes mises en examen) et une préparation préliminaire concernant les violences du même jour. L’avocat critique cette séparation, estimant que les juges d’instruction n’ont pas accès aux éléments essentiels de l’enquête préliminaire. « La vérité risque d’être manipulée si ces procédures restent en miroir », insiste-t-il.

Pour pallier cet écart, Sayn a déposé une plainte supplémentaire afin d’obtenir un accès complet au dossier et de garantir que la justice soit appliquée avec transparence. Cette affaire met ainsi en lumière les limites du système judiciaire français face à des situations complexes où la fragmentation des enquêtes compromet l’établissement objectif de la vérité.