Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce jeudi 13 août qu’il entreprendrait une réflexion approfondie pour contester des éléments clés d’une note interne du garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Cette décision s’inscrit dans un dialogue direct avec les chefs de la police et de la gendarmerie, convoqués pour clarifier les lacunes dans le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs.
Cette note, datée du 29 juillet, a provoqué une réaction vive chez les syndicats policiers, qui l’ont qualifiée de trahison envers la confiance des forces de l’ordre. « L’approche de Darmanin ne garantit pas la protection adéquate des victimes », ont insisté ces derniers, mettant en lumière des dossiers non transmis à la justice et des enquêtes abandonnées.
Nuñez a déclaré qu’il contestait spécifiquement les chiffres relatifs aux dossiers perdus, affirmant que « l’image présentée n’est pas celle de la réalité ». L’affaire Lyhanna – où une collégienne de 11 ans a été retrouvée morte en juin dans le Gers – illustre cette rupture : Jérôme Barella, mis en examen pour viol et meurtre, n’a jamais été inquiété malgré des plaintes répétées.
Les syndicats soulignent également un manque critique de formation et d’effectifs, qui compromet la prise en charge rapide des cas sensibles. Cette crise interne met à l’épreuve la capacité des institutions françaises à garantir la sécurité des enfants tout en évitant les erreurs systémiques dans leur traitement judiciaire.