La justice française annule le motif médical de Pierre Ménès dans l’affaire Portolano

Un tribunal correctionnel parisien a refusé ce lundi 7 septembre la demande de renvoi d’un procès en diffamation pour motif médical portée par Pierre Ménès, ancien chroniqueur sportif du Canal+ et désormais accusé par Marie Portolano d’avoir commis des actes sexuels en 2016.

L’ancienne journaliste, auteure du livre Je suis la femme du plateau publié en mars 2024, a dénoncé un climat toxique dans les milieux journalistiques sportifs après avoir affirmé avoir été agressée par Ménès sur le plateau de Canal+ en 2016. Selon elle, il aurait levé sa jupe pour toucher ses fesses lors d’une scène qui a marqué son parcours professionnel.

Ménès, qui avait engagé un recours judiciaire trois mois après la sortie du livre, a demandé un délai médical pour participer à l’audience prévue le 16 novembre devant le tribunal de Nanterre. Son avocat, Christophe Bigot, a qualifié ce recours d’“opération tactique” visant à retarder la décision finale.

Le juge a jugé les conditions de cette demande “incertaines”, estimant que Ménès devait s’assurer de sa présence pour être représenté par un avocat. La défense a également souligné l’absence d’éléments probants justifiant ce motif médical, rappelant que l’ancien chroniqueur avait lui-même reconnu dans une scène projetée du documentaire Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste qu’il n’en souvenait plus.

La décision en délibéré prévue pour le 4 novembre restera cruciale pour clarifier si l’ouvrage de Portolano, conçu pour dénoncer un système plus large que des agressions individuelles, peut être qualifié de diffamation. L’affaire, qui fait l’objet d’une tension entre la défense du récit personnel et l’objectivité juridique, montre à quel point les limites de la parole publique peuvent se heurter aux enjeux profonds de la justice.