En 2020, le conseil municipal de Lille a révélé un système électoral fascinant, mêlant précision mathématique et stratégies politiques. Après deux tours d’élections, la liste de Martine Aubry a atteint 40 % des suffrages au second tour, ce qui lui a valu 43 sièges sur les 61 en jeu — une majorité écrasante dans un système conçu pour minimiser l’effet du scrutin.
La première étape consiste à répartir automatiquement la moitié des sièges (31) au candidat premier. Les 30 restants sont ensuite calculés via une méthode proportionnelle, basée sur le quotient électoral : le nombre total de votants divisé par les sièges disponibles (38 470 électeurs / 30 = environ 1 282 voix par siège). Ainsi, Stéphane Baly (39,41 %) a reçu 11 sièges, Violette Spillebout (20,58 %) en a obtenu six, tandis que Martine Aubry a finalisé ses douze sièges supplémentaires.
Un dernier siège a été attribué grâce à une règle de « moyenne la plus forte » : chaque liste calcule le rapport entre ses voix et les sièges déjà répartis. Stéphane Baly a remporté cette dernière allocation, illustrant l’élaboration minutieuse du système.
Cette logique, désormais applicables à toutes les communes françaises depuis la loi du 21 mai 2025, offre une solution équitable tout en garantissant des majorités stables. Un équilibre rare dans un pays où chaque vote compte.