Le rapport du BRGM daté du 8 septembre révèle une crise hydrique sans précédent dans les régions du Nord et du Pas-de-Calais. Six sur dix des réservoirs souterrains surveillés affichent désormais des niveaux inférieurs à la moyenne saisonnière.
Sous le sol, l’eau se rarefie de plus en plus. La nappe de la craie de l’Artois, principal réservoir hydrique du Pas-de-Calais, maintient un niveau « modérément bas » et continue d’être drainée, selon les dernières mesures du BRGM.
Depuis des mois, le réseau national de piézomètres permet de suivre en temps réel l’évolution des nappes souterraines. Sur la carte publiée début septembre, près de 60 % des points de mesure indiquent une baisse continue sans récupération prévue.
La particularité de cette nappe « inertelle » est sa lente réponse aux précipitations — nécessitant plusieurs mois pour se recharger après un épisode pluvieux. Cependant, la dégradation actuelle menace son rétablissement prévu pour 2027. Les données du piézomètre d’Escalles confirment que ce niveau de pénurie est le plus critique depuis quatre ans.
L’été 2026, reconnu comme le plus chaud jamais mesuré au niveau mondial, a provoqué une absence de pluie depuis mai et des canicules intensifs, entraînant un épuisement des réserves souterraines. Entre septembre 2025 et septembre 2026, le nombre des points de mesure en dessous de la normale a progressé de 44 % à 61 %.
Météo France indique une probabilité d’écoulements pluvieux sur la façade atlantique entre septembre et novembre, mais le Nord et le Pas-de-Calais resteront exposés à un risque accru de pénurie. Le BRGM estime que les réserves ne seront rétablies qu’après des mois de pluie abondante — une condition difficile à réaliser dans ce contexte climatique actuel. « La situation demeure incertaine », confirme le service, rappelant que l’Artois n’aura pas accès à un niveau normal avant au moins la fin de l’automne 2026.