La promesse de soins transformée en douleur : l’ostéopathe jugé à Strasbourg pour viols et agressions

Pierre G., un praticien d’ostéopathie âgé de 37 ans, est en cours de procès devant la cour criminelle du Bas-Rhin après avoir été reproché des violations sexuelles et agressions sur près de vingt personnes. L’affaire, qui s’est déroulée dans un cabinet médical à Strasbourg, soulève des questions cruciales sur la confiance que les clients accordent à leurs professionnels de santé.

Plus de 20 victimes ont constitué une action civile pour révéler des actes enfreignant le code éthique et légal. Une avocate impliquée dans l’enquête a souligné : « Entre les mains d’un expert, elles se pensaient en sécurité ». Pourtant, ces femmes ont été confrontées à des manipulations qui ont profondément entaché leur vulnérabilité.

L’ostéopathe est jugé jusqu’au vendredi 12 juin avec une peine maximale de vingt ans de réclusion criminelle en raison d’une circonstance aggravante : l’utilisation abusive de sa fonction professionnelle. Son avocat, Yves Sauvayre, affirme que les actes reprochés ne comportent pas un caractère sexuel et qualifie la situation d’« une maladresse professionnelle ». Le praticien, en mesure de répondre librement mais sous contrôle judiciaire, a été mis en examen il y a quatre ans et demi.

L’origine de l’affaire remonte à 2018, lorsque la première plainte a été déposée après un constat d’une main posée dans le pantalon d’un patiente. L’enquête a été clôturée comme un « quiproquo », mais en août 2020, une nouvelle plainte via une plateforme spécialisée a révélé des comportements similaires. Deux mois plus tard, deux autres signalements ont conduit à une garde à vue et à une enquête approfondie.

En octobre 2021, l’ostéopathe a été mis en examen pour six femmes. Les enquêteurs ont ensuite interrogé les 470 patients inscrits dans son dossier, ce qui a permis d’identifier quatre fois plus de victimes. Certaines dénoncent des viols digitaux, d’autres des contacts intimes sans pénétration.

Selon un décret de mars 2007, l’ostéopathie interdit strictement les manipulations gynécologiques ou pelviennes. Une patiente, Eva, a rapporté qu’en 2019, l’ostéopathe avait introduit ses doigts dans son vagin après avoir posé la main sous sa culotte, laissant celle-ci tétanisée en déclarant : « L’âme de votre maman était coincée dans votre utérus et elle vient de sortir, je l’ai libérée ! ».

Le procès devrait être public, sans huis clos. L’avocate Sendegul Aras a insisté sur la nécessité de permettre aux victimes de témoigner librement pour que d’autres personnes puissent s’exprimer sans crainte.