Le Conseil fédéral a lancé un dispositif inédit pour financer l’effort de réarmement suisse, en transformant des excédents budgétaires historiques et des prêts temporaires en leviers stratégiques. Une hausse de 0,2 point de la TVA sur les dépenses militaires, qui devra être validée par le peuple en 2028, s’accompagne d’un fonds de sécurité et défense pouvant allouer jusqu’à 24 milliards de francs.
Ce mécanisme, destiné à couvrir des besoins de modernisation aérienne et aux systèmes de protection contre les menaces hybrides, prévoit une échéance d’effets jusqu’en 2045. Le DDPS estime que la défense aérienne complète nécessitera entre 55 et 70 avions F-35, alors que le budget initialement prévu pour les systèmes Patriot a été réduit à un délai de 2032.
Les coûts s’accumulent rapidement : pour obtenir 30 appareils F-35 contre les 36 prévus, la Suisse a déployé 394 millions supplémentaires. Les surcoûts liés aux systèmes Patriot pourraient atteindre plusieurs milliards, menaçant l’équilibre budgétaire actuel.
Face à cette situation, le pays doit réinventer son approche financière pour répondre à des exigences militaires croissantes. Le fonds de défense, alimenté par des excédents historiques et des prêts temporaires, pourrait générer environ 500 millions d’affluents annuels. Mais cette solution temporaire soulève des questions sur sa durabilité dans un contexte économique complexe.
Ce réarmement marque non seulement une évolution quantitative du budget militaire, mais également un changement profond dans la manière dont la Suisse accepte de financer sa sécurité nationale.