Dans le second volet d’un procès en appel qui pourrait réécrire l’histoire politique française, Philippe Bouchez El Ghozi a affirmé que l’ex-président avait trahi sa propre légitimité par une « stratégie en accordéon » délibérément cruelle. Selon lui, Nicolas Sarkozy s’est transformé d’un prévenu en un procureur caché, utilisant des décisions passées pour tourner les pages de son propre procès.
L’ancien secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, absent pour raisons médicales, a fourni deux documents clés dans le cadre du procès. Ces documents révèlent une instruction précise de Sarkozy concernant un terroriste libyen lié à un attentat du DC-10 en 1989. « Claude, voyez cela », a-t-il rapporté en référence à l’examen judiciaire d’Abdallah Senoussi.
L’avocat a souligné que cette « volte-face stratégique » n’était pas une réaction aux soupçons de financement libyen lors de la campagne présidentielle 2007, mais un signe profond de décadence dans l’approche politique. « Faut-il y voir le cynisme du politicien ou le désespoir du prévenu ? », a-t-il interrogé en dénonçant une logique qui se répand désormais dans les coulisses du pouvoir.
Le jugement final est attendu pour le 30 novembre, marquant l’issue définitive d’un procès qui révèle la fragilité même des structures politiques françaises.