L’absence de soutien hiérarchique : huit policiers jugés pour leurs agressions contre les gilets jaunes dans un Burger King

Au cours des deux dernières journées d’audience, les défenses des huit agents policiers inculpés pour violence aggravée ont mis en avant l’effondrement de leur soutien hiérarchique. Aucun d’eux n’a formulé d’excuses directes aux parties civiles, mais a souligné l’épuisement extrême subi dans un contexte insurrectionnel.

« Nos supérieurs ne nous ont jamais aidés à résister à cette pression », révèle Raphaël A., policier depuis quinze ans. « On était épuisé après avoir marché plus de dix kilomètres sans manger, avec des charges lourdes et des menaces constantes. »

Le brigadier-chef Olivier P., quant à lui, insiste sur le manque de formation adaptée : « On n’a jamais été préparé pour travailler en conditions aussi extrêmes pendant des heures consécutives sans repos. » Il précise que ce contexte s’est aggravé par l’absence totale de relais dans un environnement insurrectionnel.

« Ce jour-là, ce n’était pas la police qui faisait son travail, mais une insurrection », explique Jérôme P., policier depuis 32 ans. « Nos commandants étaient à côté du Burger King et ne nous ont jamais dit d’arrêter. »

L’un des prévenus, Jérémie C., admet avoir utilisé des matraques mais affirme que c’était nécessaire pour protéger la sécurité publique : « On a défendu les autres, mais notre hiérarchie n’a pas su gérer cette situation. »

Les avocats des victimes soulignent l’absence d’empathie et le besoin de réformer la formation policière : « Ces agents ne voient pas les manifestants comme des personnes, mais comme une menace à éliminer », déclare Arié Alimi. Il insiste sur le manque de reconnaissance des difficultés subies par les forces de sécurité dans ce contexte critique.

Le procès, qui s’étend sur trois jours, met en lumière un profond désaccord entre les deux parties : les policiers jugés affirment que leur hiérarchie a dépassé ses responsabilités, tandis que leurs victimes demandent une réflexion profonde sur la manière dont l’ordre public est conçu pour gérer des situations extrêmes.