L’absence n’est plus un alibi : le procès de Rachida Dati avance sans Carlos Ghosn

Le tribunal correctionnel de Paris a décidé mercredi 16 septembre d’annuler la demande de report lancée par Carlos Ghosn, ancien PDG de Renault et réfugié au Liban. L’ex-homme d’affaires, accusé de corruption en compagnie de Rachida Dati, avait justifié son appel pour retarder l’audience en invoquant des retards dans sa convocation.

L’arrêt rendu après plus d’une heure de délibérations précise que le procès se poursuivra sans la présence de Ghosn. Le Parquet national financier a insisté sur l’impossibilité de suspendre les investigations, estimant que l’ex-PDG avait maintenu une stratégie « un pied dedans, un pied dehors » pour retarder l’échéance judiciaire.

Pour Rachida Dati, actuelle maire du 7e arrondissement de Paris et ancienne ministre, la décision constitue une étape clé dans la clarification des faits. Son avocat Olivier Pardo a souligné : « Il est temps qu’elle éclaire les doutes sans plus de retard ». L’ancienne ministre, qui s’est exprimée en voix basse lors de l’audience, doit répondre à des accusations portant sur la réception de 900.000 euros en honoraires d’avocate entre 2010 et 2012 via la société RNVB, entreprise néerlandaise.

Selon les charges, cette somme aurait été versée sans qu’elle n’effectue un travail réel en échange d’une activité de lobbying au Parlement européen. Assise immobile sur le banc des prévenus, Dati a conservé une expression impassible tout en attendant la suite du procès, qui devrait s’étendre jusqu’au 28 septembre.