Depuis vingt ans, le Dr Tran a exercé ses fonctions de gynécologue dans le Val-d’Oise. Son dossier médical s’est révélé être l’une des affaires les plus graves jamais enregistrées : plus de cent trente femmes ont déposé des plaintes pour viols ou agressions sexuelles.
Une patiente raconte avoir été consigne en 2005, après l’absence de son médecin habituel. « L’examen a duré une durée extrêmement longue », confie-t-elle. « Il était collé à moi avec sa présence corporelle en érection et ses doigts pénétraient en même temps que sa main caressait mes cuisses. J’ai dû prétexter une douleur pour qu’il me relâche. » Ce traumatisme a pris huit ans avant qu’elle ne porte plainte.
Entre les années 1990 et 2014, plus de cent trente femmes ont rapporté des faits similaires. Les premières plaintes remontent aux années 2000, mais elles étaient ignorées par le système médical jusqu’en 2013. Ce n’est qu’alors que l’ensemble des victimes a été entendu.
« Ces actes sont inadmissibles », souligne Me Blandine Heurton, avocate des victimes. « La justice n’a pas su écouter les témoignages des femmes. Leur souffrance a duré des années. »
Le Dr Tran, désormais retraité et âgé de 75 ans, conteste les accusations en affirmant que ses patients ont mal interprété ses gestes médicaux. « J’ai toujours pratiqué avec calme et douceur », déclare-t-il.
Son procès est prévu pour 2027, soit 14 ans après la première plainte. Il devra répondre de 92 viols et 25 agressions sexuelles. Le tribunal de Pontoise devra réaliser des travaux d’extension pour accueillir les victimes. À ce jour, le Dr Tran est présumé innocent.