Un nouveau bilan du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) révèle une progression inquiétante des infractions discriminatoires contre les personnes LGBT+ en France. En 2025, ces agressions ont connu un léger essor de 2 %, un chiffre qui s’inscrit dans une tendance à la hausse observée depuis 2016.
Les données détaillées montrent que 64 % des cas enregistrés par les forces de l’ordre relèvent de crimes ou délits, avec une augmentation de 4 % par rapport à l’an passé. En revanche, les contraventions – représentant 36 % du total – ont chuté de 3 %. Cette évolution complexe souligne un équilibre fragile entre violence en profondeur et réactions légales plus modérées.
Les zones touchées sont principalement les grandes agglomérations, dont Paris, où l’intensité des incidents est particulièrement marquée. Les victimes identifiées dans ce contexte sont majoritairement des hommes de moins de 30 ans (70 %), tandis que les auteurs des infractions sont également majoritairement des hommes jeunes (83 %). Selon l’enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité, près de 3 % des victimes déposent une plainte officielle, alors que 8 % des personnes confrontées à des violences discriminatoires citent leur orientation sexuelle ou identité de genre comme motif principal.
Le SSMSI rappelle que le gouvernement a récemment signé une charte de prévention des guet-apens homophobes avec des plateformes de rencontres, mais les chiffres montrent que la menace persiste. Ce rapport intervient quelques jours avant la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, le 17 mai.
En 2024, près de 4 800 infractions avaient été enregistrées, ce qui indique une évolution continue malgré les efforts de prévention. Les chiffres mettent en évidence l’urgence croissante de renforcer les protections pour les minorités face à un climat de tension social.