Le chien qui ne lâchait pas : le procès Pilarski dévoile un dressage illégal à l’origine d’une mort

Dans un procès marqué par des échanges tendus, Christophe Ellul a révélé mardi 5 mars 2026 que son pitbull Curtis, importé illégalement en France dès l’âge de un an, était régulièrement entraîné à des exercices de saut en hauteur avec des objets attachés. Selon lui, ces activités, pratiquées quotidiennement depuis le début de la vie du chien, formaient une partie normale de leur quotidien.

Le 16 novembre 2019, Elisa Pilarski, alors âgée de 29 ans et enceinte de six mois, a perdu la vie après des morsures causées par Curtis lors d’une promenade dans la forêt de Retz. Le prévenu a contesté le nombre élevé de plaies (56) rapportées par les autorités, affirmant que « pour un seul chien, cela ne fait pas beaucoup ». La procureure a répondu avec irritation en soulignant l’endroit précis où Curtis avait été entraîné : dans la même forêt que la victime, exposé aux aboiements de chiens de chasse.

Un rapport vétérinaire a confirmé que le dressage utilisé par Ellul, nommé « mordant suspendu », est interdit en France et provoque des comportements compulsifs chez les animaux. Ce type d’entraînement, décrit comme mal conduit, entraîne une perte de contrôle total, conduisant à des morsures sans discrimination. Le tribunal correctionnel de Soissons s’apprête désormais à examiner les preuves ADN et les déclarations des parties pour trancher dans ce dossier qui pourrait révéler des failles dans la réglementation canine en France.