Ce jeudi 11 juin, la cour d’assises de la Somme ouvre un procès marqué par une tension exacerbée. Nicolas Deprez, accusé du meurtre de Fatiha, une jeune femme de 28 ans, a été mis en cause pour avoir tué sa conjointe après des menaces répétées et des violences conjugales préalables.
« Ce procès est une mascarade », a déclaré l’accusé devant les juges. Son comportement pendant l’instruction a suscité un climat de confrontation, notamment avec plus de cinq cents courriers envoyés aux magistrats et des menaces directes à la juge d’instruction.
Son avocat, Me Stéphane Diboundje, souligne que Deprez reconnaît avoir tué Fatiha, mais précise : « Il reste à déterminer si cette action a été prémeditée ». Le couple s’était séparé en août 2022 suite à une plainte de la victime pour violences conjugales. Malgré l’interdiction juridique de contact, Deprez a poursuivi ses agressions, menaçant même son lieu de travail.
Le 3 mars 2023, alors que Fatiha se rendait à l’hôtel Première Classe d’Amiens Nord — où elle était réceptionniste —, elle est retrouvée morte dans la rue après avoir été poignardée de 19 coups. Les policiers ont découvert Deprez près du corps : il avait retourné l’arme contre lui-même et était touché au thorax. Un témoignage indique que le directeur de l’hôtel avait proposé à la victime d’emprunter une chambre pour éloigner les risques.
Le soir du crime, Fatiha se rendait à son travail avec son neveu de cinq ans, qui a alerté ses collègues avant de l’attendre à la réception. Le procès doit s’achever avant le 15 juin.