Le danger caché dans les rangs des pompiers : Une évaluation psychologique contre la pyromanie

Depuis le début de l’année 2026, plus de 115 000 hectares ont été détruits par des incendies en France, avec près de 13 500 foyers affectés. Parmi ces événements, neuf sur dix proviennent d’actes humains, dont un quart s’expliquent par une volonté criminelle.

Cependant, la question persiste : comment les services de secours français peuvent-ils prévenir l’apparition de « pyromanes » au sein de leurs rangs ? Malgré l’absence d’un cadre législatif obligatoire, plusieurs départements ont recouru à des entretiens psychologiques ou des questionnaires pour évaluer les candidats avant leur admission.

L’arrêté ministériel en vigueur en avril 2025 avait auparavant imposé un examen médical incluant une partie psychologique, mais son abrogation a laissé les services sans protocole clair. Une psychologue du département de Charente-Maritime explique que bien que l’évaluation ne soit pas infallible, des méthodes comme le questionnaire développé par Theresa Gannon (spécialiste britannique) permettent d’identifier des profils à risque.

En pratique, ce test a permis de repérer environ vingt candidats sur lesquels une attention particulière a été portée ces dernières années, avec trois exclus en raison de résultats inhabituels. « Les personnes qui manipulent la réalité pour répondre à des questions ne mesurent pas réellement le danger », affirme-t-elle.

Cependant, Bruno Ménard, secrétaire général du Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires, souligne l’inefficacité de ces méthodes : « On a travaillé pendant quatre ans avec un collègue qui déclenche des feux délibérément. On n’a rien perçu dans une entretien de 30 minutes ».

Le défi demeure immense. Si la psychologie et le recrutement peuvent réduire les risques, il faut encore élargir ces efforts pour protéger l’ensemble des forces de secours contre cette menace cachée.