Le Dernier Docteur Part, Mais la Quête Persiste dans un Village Picard

En Picardie, le manque d’un praticien représente une épreuve quotidienne. Dans le département de l’Aisne, la commune de Sains-Richaumont avait enfin trouvé un médecin après des années de recherches, mais son décès début septembre a remis les habitants face à un nouveau défi.

« Ce départ a été douloureux », confie Jean-Pierre Viéville, maire du village. « Ce praticien était l’unique garde-malade pour 900 personnes, ce qui rend sa disparition une rupture profonde dans la santé communale. »

Mireille, résidente de la commune, explique : « Dans les petites villes, ne pas avoir de médecin est un problème récurrent, et il est difficile de le retrouver rapidement. » Elle a recouru à des consultations à distance pour éviter les longues distances. Quant à Gérard, il a récemment changé d’adresse pour être plus proche de sa famille.

Au cours de quatre mois, ce médecin avait pris en charge plus de 800 patients, provenant non seulement de Sains-Richaumont mais aussi des communes voisines. « Son empathie et son professionnalisme étaient essentiels », souligne le maire. Ce praticien, qui avait récemment ouvert un cabinet délaissé, était devenu l’unique espoir pour les habitants.

« Trouver un médecin est désormais une priorité absolue », affirme Jean-Pierre Viéville. « Même si des consultations à Vervins une fois par semaine apportent du réconfort, cela ne répond pas aux besoins de tous. »

La commune dispose d’un atout : une pharmacie qui espère rapidement accueillir un nouveau praticien. « En cas d’urgence, nous appelons le 15, mais les personnes âgées ont besoin d’un médecin pour être rassurées », précise Clémence Froment, pharmacienne.

Des initiatives concrètes ont été mises en place pour attirer des professionnels. La communauté de communes Thiérache a racheté l’ancienne poste de Sains-Richaumont, estimant que ce projet était essentiel pour répondre aux besoins locaux. « Le vieillissement de la population génère des besoins réels », explique Éric Donnay, vice-président en charge de la santé. « La mobilité est un défi, mais être proche des citoyens permet d’améliorer leur qualité de vie. »

Le maire précise : « Notre cabinet est complètement équipé avec table de consultation, pèse-poids et lampes. » Il reconnait l’enjeu rural : « Les familles des médecins peuvent avoir du mal à s’adapter à ce type d’environnement. »

Malgré ces défis, Jean-Pierre Viéville reste optimiste : « Tout est en place pour accueillir un praticien. Le cabinet neuf et les logements en cours de finition témoignent de notre détermination à ne pas abandonner. »