Face à des vagues de chaleur record et des incendies de forêt sans précédent, un phénomène inédit s’impose dans le quotidien français : l’éco-anxiété. Ce sentiment profondément angoissant, lié à l’urgence climatique, gagne en intensité et touchera désormais des millions de citoyens.
Lorsque les canicules historiques de juin ont transformé Paris en une zone de 40°C, Rémi, un jeune artiste du cinéma âgé de 27 ans, a perdu toute notion d’ordre dans sa vie. « J’ai vécu des jours où l’idée même de travailler me semblait insoutenable », révèle-t-il. Pour lui, la chaleur extrême n’est plus qu’une menace quotidienne : « Comment peut-on espérer vivre correctement si le simple fait d’être en plein air nous brûle ? »
Cette angoisse s’étend à de nombreuses personnes. Marie, 28 ans, avocate, partage ce sentiment : « La peur ne vient pas seulement des températures, mais d’une incapacité à agir. Nous manifestons, mais chaque année, les problèmes deviennent plus graves. » Pour elle, l’avenir est devenu une question d’équilibre entre survie et déni.
Le psychologue Pierre-Eric Sutter, expert en crises sociétales, précise que cette éco-anxiété atteint des niveaux inédits depuis le début du siècle. « En 2024, près de deux millions de Français ont été touchés par ce phénomène. Cette année, le nombre a doublé », explique-t-il. Selon lui, les premiers signes sont souvent des troubles du sommeil, mais dans des cas extrêmes, cela peut mener à des crises psychologiques profondes.
« Certains patients ont même été hospitalisés en raison de la peur de s’enterrer dans l’insupportable », confie Sutter. Il insiste sur l’importance d’une formation accrue pour les professionnels de santé face à ce phénomène, encore peu connu dans le domaine médical.
Cette crise psychologique, en progression exponentielle, met en lumière la fragilité des systèmes sociaux face aux défis climatiques. Comment résister, quand même, à une réalité qui semble déjà devenir normale ?