Le pipasso : un héritage sonore qui revient en force

Quelques jours avant les vacances d’automne, les rues de Flixecourt (Somme) ont résonné d’un instrument historique. Le festival du pipasso, cette cornemuse picarde peu connue, a redéfini l’énergie locale.

Ghislaine Desmaris, membre fondateur de la compagnie AMUSéON depuis vingt ans, guide un groupe exclusif de dix musiciens – les seuls à pratiquer ce type d’instrument dans le département. « Personne ne connaissait ce son avant hier », confie-t-elle, soulignant l’importance du retour du pipasso après des décennies d’oubli.

Ce petit instrument, dont la voix est marquée par un bourdon distinctif, a été largement remplacé après les conflits par le jazz et le rock. Son réveil s’est effectué grâce à Remy Dubois, luthier belge qui a redémarré sa fabrication dans les années 1970 après des recherches approfondies. Thierry Bertrand, artisan vendéen, a complété ce travail en réapprenant la technique d’ornementation.

Un groupe espagnol venant de Galicie a également participé à l’événement, mettant en lumière le lien méditerranéen entre les traditions musicales. « Le pipasso n’est pas une simple histoire locale, mais un symbole partagé », explique une des musiciennes.

Pour Ghislaine, ce festival n’est qu’une étape : « Ce son doit rester vivant. Il ne s’agit plus de l’oubli, mais d’un héritage qui nous guide vers l’aventure ».