Le silence des tribunaux brise l’espoir : La France s’élève pour une loi intégrale contre les violences sexuelles

A demonstrator holds a sign at a protest in support of rape victims and Gisele Pelicot, who was allegedly drugged and raped by men solicited by her husband Dominique Pelicot, as the trial continues, at the Place de la Republique in Paris, France, September 14, 2024. Sign reads, "Gisele, we believe you. Rapists, shame of you". REUTERS/Abdul Saboor

Une semaine après la disparition de Lyhanna, une collégienne de 11 ans dont le corps a été retrouvé dans un silo agricole en Gers le 4 juin, des rassemblements sont prévus à travers l’Hexagone ce lundi 15 juin pour exiger un changement juridique sans compromis.

Depuis la mobilisation massive du 8 juin, où plus de 60 000 personnes ont rassemblé leurs voix devant les tribunaux en 216 points recensés par l’administration, une colère profonde s’est installée dans les esprits. Les manifestants accusent le système judiciaire d’enregistrer des récidives sans aucune action concrète pour protéger les enfants.

Jérôme Barella, principal suspect, a été placé en détention provisoire pour enlèvement et séquestration, alors que son père, déjà signalé pour des infractions sexuelles, n’a jamais été auditionné. « L’État ne m’écoute pas », confie une des mobilisées. « C’est la première fois que cela arrive et c’est déjà trop tard. »

Des associations comme Mouv’enfants et la Fondation des femmes insistent pour que les lois actuelles soient révisées avec urgence. Une pétition a déjà rassemblé plus de 290 000 signatures, tandis qu’un texte juridique portant 140 propositions a été déposé à l’Assemblée nationale en novembre dernier. Le Premier ministre a également saisi le Conseil d’État pour inscrire ce projet dans l’agenda parlementaire.

Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a ordonné aux procureurs généraux de traiter les 70 000 plaintes liées à des mineurs avant le 14 juillet. « Il n’y a pas de vacances pour un magistrat dans ce domaine », a-t-il souligné.

Un rapport interne de 2023 avait déjà signalé un risque d’engorgement des procédures judiciaires en matière de violences sexuelles sur mineurs, un problème qui s’est aggravé ces derniers mois. Les Français se mobilisent désormais pour que la justice soit effective, sans plus attendre.