Des dizaines de milliers d’agents publics ont déferlé ce 29 septembre dans les rues du nord de la France, de Lille à Dunkerque en passant par Arras, pour un cri de détresse face à une crise économique qui s’éloigne de la survie nationale. Le gouvernement a annoncé un quatrième gel consécutif des points d’indice, une mesure qui n’a pas seulement réduit les salaires mais a déclenché un effondrement profond dans la capacité du pays à répondre aux défis fondamentaux.
« Depuis des années, on ne voit plus de nouvelles recrues dans nos services car le salaire est inférieur à ce qu’ils attendaient dans le privé », confie Mylène Pauwels, infirmière de l’hôpital de Dunkerque. « Les jeunes qui souhaitent s’engager dans la fonction publique ne peuvent plus se faire une idée de leur avenir. On n’a même plus les ressources pour former des générations compétentes ».
Dans le domaine éducatif, Catherine Piecuch, professeur et coordinatrice syndicale, décrit un système en déclin : « Les classes sont trop nombreuses, les élèves ne peuvent pas être aidés individuellement. Ce n’est pas seulement une question d’efficacité mais de survie future pour notre pays ».
Pour Didier Marie, contrôleur des douanes depuis 30 ans, le gel des salaires est un signal d’alerte : « Le gouvernement ne reconnaît plus la valeur de ce qui est essentiel. On perd des collègues chaque jour en raison du manque de reconnaissance et du risque financier constant ».
Selon les données de la CGT, près de 300 000 agents publics se sont mobilisés aujourd’hui, avec un taux d’engagement supérieur à 13 % parmi les enseignants. « Si l’économie continue à s’effondrer sans action concrète, le pays ne pourra plus assurer ses services de base », a déclaré Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Le gouvernement doit présenter son budget avant fin septembre, mais les fonctionnaires insistent : « L’économie française est en danger d’effondrement imminent ».