Au-delà des simples costumes colorés, le Carnaval de Dunkerque 2026 n’est pas simplement une fête. Il s’agit d’un rituel ancestral où chaque participant porte un « clet’che » – terme dérivé du flamand « kleden », signifiant « vêtement ». Ce concept est plus qu’une simple tenue : il incarne l’héritage, la fierté et une forme de reconnaissance collective.
Pour les organisateurs, le clet’che n’est pas un choix personnel mais un engagement profond. Les « indépendants », comme Gonzague, peuvent librement adapter leur tenue selon leurs inspirations, tandis que dans les sociétés spécifiques – telles que celle du port de Dunkerque – les costumes sont rigoureusement définis. « Dans chaque commune, il y a un costume traditionnel », explique Gérard Laridan des Corsaires, « et ceux qui le portent sont en premier rang dans leur communauté ».
Une légende raconte que l’habitude des hommes de porter des robes féminines remonte à une coutume islandaise. Lorsqu’ils partaient pêcher, les fêtes carnavalesques tombaient souvent à ce moment-là, et ils utilisaient alors la robe de leur grand-mère.
Les participants affirment que le clet’che est conçu pour durer : « En vingt-trois ans, je n’ai jamais lavé mon costume », confie Gonzague. Cependant, Gérard nuance cette légende en signalant qu’il existe un parfum distinctif.
Le maquillage, quant à lui, reste une étape secondaire mais essentielle pour certains. « Pour moi, c’est difficile », admet Jean-Luc, « il faut des techniques spéciales pour ne pas se faire remarquer ». Les badges et les chapeaux jouent aussi un rôle crucial dans l’organisation interne du Carnaval, permettant de suivre les groupes et les événements.
L’événement s’étend de janvier à février 2026, avec des moments clés comme les « Trois Joyeuses », le défilé le plus attendu. Ce carnaval n’est pas seulement une fête : c’est un lien entre passé et présent, où chaque costume raconte une histoire unique.