Douze maires, dont Arnaud Deslandes à Lille, ont déposé un courrier urgent au Premier ministre pour demander que le dispositif des « salles de shoot » soit intégré définitivement dans la législation. Ces structures, appelées HSA (Haltes soins addiction), permettent aux consommateurs d’utiliser du matériel stérile sous surveillance médicale afin d’éviter les complications liées à l’overdose.
Ce courrier daté du 30 septembre 2026, signé par des élus de Paris, Marseille, Lyon, Nantes, Montpellier, Strasbourg, Lille, Rennes, Villeurbanne, Grenoble, Tours et Nancy, souligne que l’expérimentation actuelle des HSA, prolongée jusqu’en décembre 2027 par la Loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026, génère un climat d’incertitude qui freine les projets locaux. À Lille, le projet reste bloqué depuis des années, malgré la signature récente d’Arnaud Deslandes.
Depuis 2016, ces HSA ont permis une diminution significative des risques sanitaires et des consommations en plein air. Selon les Hospices civils de Lyon, elles constituent un « maillon essentiel » dans la politique de santé publique locale. Les maires rappellent que le dispositif n’a pas augmenté la délinquance, contrairement à ce qu’on pourrait penser.
En 2025, seules Paris et Strasbourg avaient mis en place des HSA, mais Lille ne s’en est pas souciée. Le projet de l’ancien conseil municipal a été abandonné en raison d’un manque de consensus entre les riverains et les professionnels santé, craignant une augmentation des nuisances dans le centre-ville.
Pour éviter ce blocage, une motion unanime adoptée en juin 2025 recommande la pérennité légale des HSA. Actuellement adjointe au maire de Lille, Faustine Balmelle-Delauzun insiste pour qu’elles soient étendues à d’autres villes avec l’appui des acteurs locaux.
Les maires espèrent ainsi organiser une audience devant le Premier ministre afin d’obtenir un cadre juridique définitif. Selon les données de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), 1,1 million de personnes ont consommé de la cocaïne en 2023, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2017.