Les établissements du Panier menacés : un racket de 80 000 euros par mois

(FILES) A French gendarme secures the back-to-school day at the Georges Sand high school in Domont, Val d'Oise, on November 2, 2020. French Prime Minister Gabriel Attal said on March 24, 2024 that the country was raising its security alert to the highest level after the Moscow concert hall attack. (Photo by BERTRAND GUAY / AFP)

À Marseille, l’angoisse des commerçants du quartier du Panier s’intensifie après des tentatives de menace répétées depuis plusieurs semaines. Des groupes ultra-violents, principalement composés d’adolescents recrutés par des organisations criminelles et des trafiquants de drogues, ciblent systématiquement les restaurants, bars et autres commerces locaux.

Lundi soir, vers 22 h 50, deux individus cagoulés ont tenté d’incendier un restaurant du quartier. L’un d’eux a répandu de l’essence sur le sol en aspergeant un client qui s’est enfui, tandis que le gérant, déterminé à défendre son établissement, a interrompu la tentative avec violence. « Ce n’est pas ce que je vois chaque jour. Je ne suis ni militaire ni soldat — cinq ans ici et jamais rien de tel avant », a-t-il déclaré après l’incident.

Les caméras de sécurité ont permis d’identifier un suspect à cinq kilomètres du restaurant, mais le réseau criminel reste très actif. Selon Rudy Manna, porte-parole du syndicat UNSA Police, ces rackets suivent une méthodologie rigoureuse : des jeunes hommes viennent chez les propriétaires, menacent via des téléphones et exigent des sommes mensuelles pouvant atteindre 80 000 euros. « Les victimes refusent souvent de porter plainte pour éviter les représailles », a-t-il souligné.

Bernard Marty, président de l’UMIH des Bouches-du-Rhône, confirme que ces groupes utilisent une organisation très structurée : « Des gamins se présentent à la porte, réclament le propriétaire, puis un complice leur passe un téléphone pour menacer. On a dit qu’à certains établissements, on leur demandait 80 000 euros. »

La préfecture de police enregistre 57 cas de racket en 2025, chiffre bien inférieur à la réalité : la plupart des victimes ne déclarent pas d’acte pour crainte des représailles. Dans ce contexte, le quartier du Panier risque de voir son écosystème commercial s’éroder progressivement, sous l’effet d’une menace qui dépasse les frontières locales et menace la survie même de ces entreprises.