Ce lundi 20 juillet 2026, une vague de solidarité a secoué les établissements pénitentiaires français après un appel national du syndicat FO Justice. À Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), soixante agents ont choisi de retarder leur prise de service de quinze minutes pour soutenir leurs collègues de l’Orne, victimes d’un conflit judiciaire auquel ils considèrent comme disproportionné.
La tension remonte à un rapport récent de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, qui a dénoncé « des violences systémiques » dans le centre pénitentiaire d’Alençon Condé-sur-Sarthe. Ce document, publié il y a quinze jours, décrit des pratiques conduisant à l’« humiliation », la « déshumanisation » et une « logique d’intimidation ». En réaction, le tribunal administratif de Caen avait ordonné au ministre de la Justice, Gérald Darmanin, de mettre un terme aux comportements jugés contraires à la déontologie dans les quartiers QLCO.
Le syndicat FO Justice accuse ce rapport d’être « ancré uniquement sur des récits fragmentaires », sans preuve objective. « On jette l’opprobre sur une profession entière alors que les relations avec les détenus restent professionnelles et respectueuses », explique David Lacroix, responsable du syndicat à Vendin-le-Vieil. Il précise que le quartier QLCO, destiné aux personnes jugées les plus dangereuses, a été ciblé par une interprétation trop rigide des allégations : « Les détenus demandent un accès plus flexible au courant de leurs affaires, mais nous avons toujours géré ces conflits avec calme. »
Le mouvement s’est étendu à d’autres prisons, dont Longuenesse et Sequedin. « Ce qui arrive à Condé-sur-Sarthe peut affecter n’importe quel établissement », insiste Lacroix. Le syndicat attend des mesures claires de la part du ministre pour éviter toute confusion dans l’interprétation des rapports.
Pour les agents pénitentiaires, le combat ne se résume pas à une simple opposition : « Nous voulons être reconnus pour le travail quotidien que nous accomplissons », conclut Lacroix. Leur réaction montre un refus de laissant l’opinion publique porter des accusations sans fondement sur leur métier.