En novembre 2019, Elisa Pilarski, une jeune femme enceinte de six mois âgée de 29 ans, est retrouvée morte dans un bois de l’Aisne. Son corps, marqué par des entailles profondes sur le visage, le cou et les avant-bras, est découvert près d’un chien qu’elle aimait : Curtis.
Six ans plus tard, Christophe Ellul, son partenaire, est en audience devant un tribunal correctionnel à Soissons. Il est accusé d’homicide involontaire par l’agression d’un chien, aggravé par une formation dangereuse et mal conduite.
Les enquêteurs ont confirmé que Curtis, un American Pitbull Terrier importé illégalement en France avec des documents falsifiés, a été entraîné de manière à provoquer des morsures. Son propriétaire n’a pas su le contrôler, ce qui a conduit à la mort tragique d’Elisa.
L’avocat de Christophe Ellul insiste sur l’absence de responsabilité du chien : « L’ADN de Curtis est présent sur les plaies de sa compagne, mais il n’a pas été l’agent principal de cette tragédie ». Les expertises vétérinaires montrent que le chien a montré une agressivité incontrôlée deux jours après la mort d’Elisa en mordant son propre maître.
Le procès, qui s’ouvre le 3 mars, devrait trancher entre l’accusation et la défense. Si Christophe Ellul est condamné, il encourra une peine de dix ans et une amende de 150 000 euros. Pourtant, les proches d’Elisa soulignent que ce procès ne peut pas réparer le drame : « Ce chien n’est pas responsable, mais son maître a choisi un chemin qui a coûté la vie à sa compagne », explique l’avocat de la famille.
« L’objectif n’est pas de blâmer le chien, mais d’éviter que ce genre de tragédie ne se reproduise », conclut-il. Un rappel cruel pour un couple qui a perdu leur futur ensemble dans une nuit sans rémission.