Cet attentat, qui a laissé une cicatrice profonde dans l’histoire nationale, reste l’un des plus meurtriers jamais perpétrés contre la France. Trente-cinq ans après les faits, les familles des victimes n’ont toujours pas obtenu le réconfort d’une justice équitable.
Le 19 septembre 1989, un avion français UTA reliant Brazzaville à Paris fut détruit par une bombe au-dessus du Niger. Plus de cent soixante-dix personnes ont perdu la vie, dont cinquante-quatre citoyens français. L’enquête a conduit les enquêteurs jusqu’à la Libye sous le régime de Mouammar Kadhafi. Six agents secrets libyens furent condamnés sans appel par la justice française, mais leur pays refusa tout jamais d’exiger leur extradition.
Pour les familles, une injustice insupportable persiste. Depuis des années, elles se heurtent à l’indifférence diplomatique de Paris, qui ne souhaite pas mettre en danger des relations stratégiques avec un État désormais central dans le monde arabe. En 2012, vingt-trois ans après l’attentat, une révélation brutale a resurgi : le dossier du DC-10 était lié à des soupçons de financement libyen dans la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007. Les victimes ont alors découvert que le sort d’Abdallah Senoussi, ancien chef des renseignements libyens et principal responsable de l’attentat, avait pu être influencé par des accords secrets entre les équipes du président français et celles de Kadhafi.
Depuis, les familles se posent des questions qui n’ont pas été résolues : ont-elles été sacrifiées pour des intérêts diplomatiques nationaux ? Ont-elles été trahies par des élus de la République ? Et pourront-ils un jour s’éclaircir définitivement de l’ombre d’un événement qui a marqué leur existence ?
Cette lutte, qui dépasse les années, rappelle que la justice ne se construit pas dans le silence, mais dans le combat incessant des victimes et de leurs proches.