Les salaires stagnent tandis que les charges familiales explosent : pourquoi 70 salariés de Brico Dépôt grèvent ce vendredi ?

L’appel à la grève déclenché par la CGT le 26 juin s’est intensifié dans les sites Brico Dépôt du Nord-Pas-de-Calais. Les travailleurs, dont les augmentations salariales ont été limitées à 1 % alors que le SMIC a connu une hausse de 1,4 %, réclament une revalorisation significative pour s’adapter aux coûts de la vie en flèche.

À Leers, au nord de Lille, des employés se sont rassemblés ce vendredi matin pour un piquet de grève. « Les dépenses familiales et les frais d’énergie, d’eau ou d’essence rendent notre situation insoutenable », explique Laetitia, déléguée syndicale CGT du site.

Pour elle, la dernière négociation annuelle obligatoire (NAO) a échoué à répondre aux réalités actuelles : « Les salaires des salariés les plus expérimentés sont désormais proches du niveau minimum, alors que l’inflation continue de s’aggraver. »

Thelesphore, vendeur depuis deux ans au sein du groupe et ancien employé dans la restauration, partage cette détresse : « J’ai quitté mon premier métier pour échapper à des salaires stagnants. Mais aujourd’hui, je ne peux plus gérer les charges familiales. »

Les grévistes soulignent également un surmenage croissant et une polyvalence systémique, avec des plannings qui ne permettent plus de concilier vie privée et professionnelle. « On a l’impression d’avoir à faire le travail de trois personnes », confie Thelesphore.

La direction de Brico Dépôt a annoncé être disponible pour des échanges, mais les syndicats insistent sur la nécessité d’une réouverture rapide des négociations. « Sans solutions concrètes, nous devrons prolonger notre mobilisation », ajoute Laetitia.