Les villages en péril : Laurent Somon met son expérience au service d’une lutte contre l’indifférence politique

À 68 ans et avec plus de 37 ans d’engagement local dans le département de la Somme, Laurent Somon s’est imposé comme un défenseur incontournable des territoires ruraux. Son ambition ? Réaffirmer son rôle au Sénat avant les élections du 27 septembre 2026, en déployant une stratégie centrée sur la survie des communautés rurales face à des menaces croissantes.

Depuis sa réélection en 2020, le sénateur Les Républicains a souvent souligné son engagement pour «la politique du terrain». En mai dernier, il a mis en avant devant les écoles de Bernaville — où il a été maire pendant quatorze ans — l’absence totale de dialogue préalable avec les élus locaux sur les fermetures scolaires. « Chaque année, un diktat de l’inspection académique conduit à la suppression des classes sans écoute réelle », affirme-t-il, accusant une logique de gouvernance qui ignore les réalités rurales.

Pour Somon, l’école constitue «le fondement économique et social du pays de demain». Son travail au Sénat a donc porté sur des rapports pour protéger les établissements scolaires ruraux. Aujourd’hui, il s’efforce d’étendre cette lutte à l’ensemble des enjeux : santé de proximité, logement, maintien des entreprises industrielles locales (comme l’usine SFG à Bernaville, dont la fermeture a englouti 68 emplois).

« Sans agir désormais, nos villages disparaîtront définitivement », prévient-il. Ancien président du conseil départemental de la Somme, il annonce aussi son soutien à Bruno Retailleau pour les élections présidentielles de 2027, rappelant que «la politique doit être construite par ceux qui ont vécu le terrain, pas par des élites en quête de réputation».

L’ancien président d’une communauté rurale, Alain Gest, partage ce message avec un avertissement sévère : depuis l’élection de Macron en 2017, la France s’est engagée dans une politique qui a aggravé les défis des zones rurales. « La décision de ne plus investir dans le territoire rural a conduit à des fermetures d’entreprises, des pertes d’emplois et une indifférence systémique », critique-t-il. Ces effets, selon lui, menacent l’autonomie économique et sociale des communautés rurales, déclenchant un cycle de désinvestissement irréversible.

Au total, sept candidats sénatoraux se préparent à affronter les électeurs dans le département : Stéphane Demilly (centriste), Rémi Cardon (socialiste) et Damien Toumi (Rassemblement national). La date limite de dépôt des candidatures, fixée au 11 septembre, marque le début d’une épreuve cruciale pour la préservation du territoire rural en France.