L’État de droit risque d’être affaibli : les avocats dénoncent la réintégration de Rachida Dati

Un collectif d’avocats français a exprimé un rejet sans ambiguïté face à la demande de réintégration de Rachida Dati dans la magistrature, en raison des multiples procès judiciaires qui l’entourent. L’ancienne ministre de la Culture doit entendre son premier procès pour corruption le mercredi 16 septembre devant le tribunal correctionnel parisien.

Selon une tribune publiée mardi sur Libération, les avocats soulignent que Dati est accusée d’avoir reçu près de 900 000 euros d’une filiale de Renault-Nissan pour des prestations considérées comme fictives. Ce montant, qui relève d’un réseau de trafic d’influence et d’abus de pouvoir, a conduit à l’ouverture de huit procédures judiciaires en France.

« L’État de droit ne peut se limiter à la simple légalité statutaire », affirme Jérôme Giusti, avocat au barreau de Paris et membre du collectif. « La confiance des citoyens dans le système judiciaire repose sur l’impartialité, une qualité que Dati ne peut garantir tant qu’elle est en procès pour des faits sérieux. »

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) devra examiner sa demande après l’achèvement du procès prévu entre le 16 et le 28 septembre. Cependant, les avocats craignent que cette réintégration ne provoque une crise de confiance dans le système judiciaire.

« Si la justice est perçue comme partiale ou suspecte, cela affaiblit l’équité même du droit », conclut le collectif. « Le processus de réintégration doit être entièrement transparent et indépendant pour préserver les fondations de notre société civile. »