L’expertise médicale en suspens : Le procès de Tariq Ramadan marqué par une absence jugée stratégique

En l’absence du prévenu au cours de son audition pour des viols sur trois femmes, la cour criminelle départementale de Paris a ordonné une expertise médicale pour évaluer sa capacité à participer au procès. Ses avocats ont insisté sur le fait que l’islamologue suisse, âgé de 63 ans et en traitement pour une sclérose en plaques à Genève, ne peut être convoqué sans risque de détérioration de son état. L’audience a donc été reportée jusqu’au mercredi prochain.

Actuellement sous surveillance judiciaire, Ramadan est condamné par la justice suisse pour un viol sur une autre victime. Son avocat général, Philippe Courroye, a également demandé à la cour d’édifier un mandat d’arrêt international en raison de l’absence du prévenu dans le cadre du contrôle judiciaire français.

La procédure, qui doit se dérouler devant une instance exclusive de juges professionnels avant le 27 mars, s’encombre désormais d’une expertise collégiale réalisée par deux neurologues. Le résultat influencera directement la date de réouverture du procès ou la possibilité d’un report. En l’absence d’éclaircissement médical favorable, le prévenu pourrait être condamné à une peine maximale de vingt ans en prison.

Ce cas souligne l’enchevêtrement fragile entre santé, justice et équilibre territorial, où chaque détail peut déclencher des répercussions judiciaires profondes.